Jeudi 2 octobre 2008
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"T'as du sang de roi, t'es au-dessus des lois". Cette rime pourrait bien
rentrer un jour dans la jurisprudence française...
Rappel des faits : place de la Concorde à Paris, le 14 octobre 2005, un scooter embouti une BMW par l’arrière et prend la fuite. LeMessieurs Bellouti père et fils, occupants de la BMW, affirment
avoir relevé le numéro du deux-roues à l’aide d’un téléphone portable mais n'ont pas reconnu le conducteur coiffé d’un casque.
Le numéro d’immatriculation du deux-roues est communiquée à l’assureur de la voiture qui se
chargera d'écrire au propriétaire du scooter en janvier 2006 pour réclamer 260,13 euros au titre des réparations engagées. Suite à trois courriers successifs restant sans réponse, l’automobiliste
décide, en février 2006, de porter plainte.
M. Bellouti affirme n’avoir eu connaissance de l’identité du propriétaire du scooter
qu’à ce moment là. Une version mise en cause par Me Thierry Herzog l’avocat de Jean Sarkozy.
Le deux-roues appartient en effet, à Jean Sarkozy, 19 ans au moment des faits. Le fils
de celui qui est alors ministre de l’Intérieur clame son innocence. Il ne sera jamais interrogé par la police. La justice s’en chargera, en mettant les formes.
Le 25 janvier Jean Sarkozy, “jeune étudiant et jeune homme politique” comme l’a
présenté son avocat, le petit prince de Neuilly pour ses détracteurs, est cité devant le tribunal correctionnel de Paris pour délit de fuite, défaut de maîtrise de son véhicule, non-respect des
distances de sécurité et dégradation légère d’un bien appartenant à autrui.
Près de trois ans après les faits, l’audience s’attarde sur 2 rapports d’experts qui
estiment que l’accident n’a pu se produire tel qu’il a été décrit. Le parquet demande la relaxe du prévenu. Le jugement est renvoyé au 29 septembre soit après les élections municipales de mars
font remarquer quelques persifleurs.
Dans une indifférence médiatique soigneusement entretenue, le verdict tombe lundi
dernier. C’est la relaxe pour le conseiller général et président du groupe UMP des Hauts-de-Seine. En revanche, le plaignant est condamné à verser 2.000 euros de dommages et intérêts au fils du
président de la République pour “procédure abusive”.
Jean Sarkozy n’a pas fait le déplacement. Son avocat est là. Il évoque un dossier vide
et se félicite que le simple relevé d’un numéro d’immatriculation ne soit pas suffisant pour matérialiser une infraction. “Je savais que la justice était inégale, mais de là à me condamner pour
procédure abusive alors qu’il y avait des preuves et un témoin, c’est surréaliste dans un pays comme la France”, a pour sa part réagi M. Bellouti, avouant “rester sans voix”.
“Désespéré” et stigmatisant une justice “pour les riches et une autre pour la France d’en bas qui doit se démerder”, il ignorait lundi s’il allait faire appel de cette décision.
Reste la question centrale des expertises. Des expertises mises en cause par M.
Bellouti qui les a qualifié de “non contradictoires”. “L’expert ne m’a jamais appelé, ni moi, ni le témoin”.
Bon prince, Jean Sarkozy a fait savoir que les 2000 euros dont il doit bénéficier seront reversés à une association d’enfants
malades.