POLI-MATRIX : "NEO" en politique se dit "SARKOZY"

Publié le par Globalisteur

Le risque du « sujet médiatique unique » (SMU)

Rien ne prouve que le succès de mai 2007 soit durable pour Nicolas Sarkozy et l’UMP. Le président de la République le sait sans doute plus que tout autre. C’est la raison pour laquelle il est décidé à agir. Et à agir personnellement en prenant en charge lui-même la direction du gouvernement, comme l’illustrent les réunions avec les « partenaires sociaux » où le premier ministre et les ministres assistent comme de simples collaborateurs.

sarkozy-matrix-lobo-lobofakes.jpgCette stratégie – risquée – d’exposition, sinon d’activisme, médiatique a servi Nicolas Sarkozy dans son ascension vers le pouvoir. Grâce à elle il s’est imposé, selon l’expression de Daniel Schneidermann, comme le « sujet médiatique unique » (SMU), marquant les événements de son image et de son tempo et assujettissant les journalistes et ses adversaires à son « agenda ».

Mais, arrivé au faîte du pouvoir, cette stratégie met le président de la République en première ligne. Une telle concentration des pouvoirs comporte des risques pratiques de thrombose dans la prise de décision et de déresponsabilisation ministérielle. Et surtout elle risque de priver le chef de l’Etat de tout fusible politique. A la première crise (troisième tour social ou troisième tour ethnique ?) le président jouera son va-tout. S’il gagne, il s’inscrira dans l’histoire comme un président réformateur ; dans ce cas, le rêve de « The Economist » d’un « Thatcher français » se réaliserait. S’il perd, il risque de connaître la déchéance d’un Jean-Marie Messier ; lui aussi sujet médiatique unique de la fin du XXe siècle, surnommé « J6M » (« Jean-Marie Messier moi-même, maître du monde ») à l’époque de sa splendeur, l’ancien président de Vivendi Universal est aujourd’hui réfugié à New York, avec l’ex-compagne de l’ex-conseiller général de Clichy, Didier Schuller !

Il est vrai que Jean-Marie Messier avait des ennemis puissants alors qu’aujourd’hui les adversaires de Nicolas Sarkozy règnent sur des champs de ruines financières et idéologiques.

Mais c’est peut-être là que réside la principale incertitude politique pour la France : ce décalage entre un pouvoir puissant, mais précaire, et l’absence de toute force d’alternative crédible.

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(Source: www.polemia.com)

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